MANGE, PRIE, AIME
Publié le 20 Septembre 2012
"Entre pasta, yoga et good karma, son voyage est si attachant que l'on suit sans hésiter cette amie irrésistible, débordante de vie et d'humour", Emmanuelle de Boysson, Femmes.
Après l'échec cuisant dont je ne suis pas fière de la lecture du premier tome de 1Q84, j'ai eu envie de légèreté et de liberté (et surtout pas de grosse prise de tête).
Carole venait de finir ce livre, elle me l'a gentiment prêté lors de notre week-end de blogueuses chez elle et je me suis jetée dessus comme une qui n'a rien lu depuis un an, ce qui était littéralement le cas.
J'ai bien aimé le récit autobiographie d'Elizabeth Gilbert, écrit à la manière d'un journal romancé, dans un style effectivement plus documentaire ou journalistique que littéraire mais ça, on s'en bat carrément l'oeil avec une patte de coléoptère panée du moment que ça plaît, non ?
L'histoire est plus que simplissime : après que sa vie ait été dévastée par un divorce (pléonasme ?) et une liaison désastreuse, l'auteur décide de s'accorder une année sabbatique pour se reconstruire, à la recherche de son équilibre intérieur et, si possible, du bonheur. Elle nous entraîne alors avec elle dans les trois pays qu'elle va parcourir (les trois I : Italie, Inde et Indonésie).
On retrouve dans ce livre des tas d'anecdotes et des idées intéressantes (que moi j'ai trouvées intéressantes en tout cas) qui donnent à réfléchir. Assez vers la fin par exemple, à Bali, l'auteur explique qu'elle assiste à la bénédiction d'un bébé de six mois prêt à toucher terre. Les Balinais en effet, ne laissent pas leurs enfants toucher le sol pendant les six premiers mois de leur vie, parce qu'ils considèrent que les nourrissons sont des dieux envoyés directement du paradis, et il est hors de question qu'un dieu crapahute à quatre pattes par terre, au milieu des rognures d'ongles de pied et des mégots de cigarette. Que pensez-vous de cela ?
J'ai bien aimé aussi les personnages de Richard du Texas, franc et direct, qui n'y va pas par quatre chemins pour appuyer là où ça fait mal, et de Ketut, espèce de sorcier/médecin sans âge (entre soixante et cent cinq ans) qui dispense soins et sagesse autour de lui. Il explique que Les Balinais croient que chacun naît accompagné de quatre frères invisibles qui viennent au monde avec nous et nous protègent tout au long de notre vie [...] Dès que l'enfant atteint l'âge de raison, on lui apprend que ses quatre frères l'accompagnent partout, où qu'il aille dans le monde, et qu'ils veilleront toujours sur lui. Les quatre frères hébergent les quatre vertus dont une personne a besoin pour vivre heureuse en toute sûreté : intelligence, amitié, force et (j'adore celle-là) poésie. On peut appeler ses frères à la rescousse dans n'importe quelle situation critique. Quand on meurt, les quatre frères recueillent notre âme et la conduisent au paradis"...
Parfois, ce récit est un peu nombriliste, mais pour une autobiographie c'est carrément normal, non ?
Cette femme a décidé de vivre son rêve, et rien que pour ça je trouve que c'est chouette !