LA SIRENE
Publié le 23 Octobre 2013

J'ai encore craqué pour un Camilla Läckberg.
Plus qu'un et je les aurai donc tous lus (hormis ceux qui restent encore à paraître comme aurait dit le seigneur de La Palisse).
Celui-ci est encore plus diabolique, pervers, atroce, bouleversant, morbide, pernicieux, à la limite du supportable (et que sais-je d'autre encore) que les précédents. J'en ai frissonné d'horreur d'autant plus que, lors d'un de mes stages il y a deux ans dans une structure sociale, j'étais tombée par hasard sur le dossier d'un enfant de 4 ans ayant vécu à peu de chose près la même histoire que celle que le héros du livre partage avec sa mère biologique. Brrr.
J'ai néanmoins été ravie de me jeter à nouveau la tête la première dans ce roman bien que, parce que c'est quand même le sixième opus de la série, on commence à avoir un peu l'habitude des petites combines de Camilla Läckberg pour nous tenir en haleine et de la façon dont elle construit ses romans, alternant suspense de l'enquête et flashbacks sur la vie d'un personnage que l'on découvre au fil des pages,
L'histoire se passe toujours à Fjällbacka où, quoiqu'en dise l'auteure, il ne fait pas si bon vivre que ça puisque la ville vient encore de perdre un habitant. En effet, Magnus connu pour être quelqu'un de sympathique et sans histoire, a mystérieusement disparu. La police piétine 3 mois durant, jusqu'à ce que son corps soit retrouvé figé dans la glace.
L'affaire se complique lorsque la police découvre qu'un de ses amis, l'écrivain et bibliothécaire de la ville Christian Thydell, reçoit lui aussi des lettres de menaces depuis plus d'un an. Mais il n'est pas seul : Erik et Kenneth, qui font tous les deux partie du même groupe d'amis, sont également destinataires, depuis peu, de missives anonymes...
Tout comme dans les autres romans de Camilla Läckberg, on retrouve cette fois encore d'un côté la complexité et la noirceur de l'enquête, de l'autre la vie quotidienne des protagonistes qui est somme toute un peu identique à celle de Monsieur-et-Madame-tout-le-monde-et-leurs-enfants.
Comme les autres fois aussi, les sujets de société abordés sont nombreux : maltraitance, viol, schizophrénie, cancer, alcoolisme, difficultés dans les couples, etc.
Les personnages principaux sont toujours attachants bien que par moments peut-être un peu trop caricaturaux. Erica est plus enceinte qu'enceinte (puisque cette fois de jumeaux), oui elle est énorme, oui elle a du mal à se déplacer, oui elle s'empiffre, mais pourquoi diable nous le rappeler à chaque chapitre ? On (je) commence à se (me) lasser aussi de toutes les bourdes qu'elle fait en se mêlant de ce qui ne la regarde pas (en l'occurrence de l'enquête) et du fait qu'elle arrive toujours comme par magie à se faire pardonner et attendrir son petit mari chéri qui la trouve adorable. Mellberg, le chef du commissariat, est plus crétin, fainéant et grossier que jamais (ouiiii, c'est possible). Patrick de son côté peine dans ses relations avec les témoins et est quelquefois un peu lent à la détente, peut-être la faute à cette satanée fatigue qui l'accable d'un bout à l'autre du bouquin (et si vous n'avez pas compris avant le dernier chapitre que ça allait mal tourner pour lui c'est que vous aussi vous êtes un peu lent à la détente) ?
Ça c'était pour le petit (tout petit) bémol (oups, j'espère ne pas en avoir trop dit) car en vérité je n'ai pas pu lâcher ce livre avant d'avoir tourné la dernière page.
Et justement ! Parlons-en de la dernière page !
Elle s'achève sur un accident de voiture qui implique trois des personnages principaux de ce roman...
Ensuite, il n'y eut qu'un bruit de tôle contre tôle [...]. Puis le silence...
Aaaarrgg la vaaaache ! Vite, la suite !!!