LA FEMME ET L'OURS
Publié le 24 Juillet 2013
Une énième dispute d'avec sa femme psycho-maniaque et hystéro-exigeante et Bix Sabaniego, écrivain sans succès, quitte la caverne conjugale. Il veut juste s'offrir une nuit de cuite avec ses anciens camarades de beuverie, et rentrer ensuite tranquillement chez lui, mais s'ensuit alors une tournée des bars en forme d'épopée dégingandée et vaillamment défaitiste.
Ca commençait bien. J'ai aimé le style (l'homme a l'art de tout mettre entre parenthèses), les longues phrases sans fin (ça me rappelle quelqu'un, mais qui ???), le style simple mais plein d'humour (j'ai écrit sept romans ces douze dernières années, le premier a connu un petit succès [...] mais les suivants ne se sont pas vraiment vendus comme des petits pains devant une usine de saucisses), les métaphores fantaisistes (l'argent part comme l'eau dans une passoire à nouilles), l'histoire de Jean de l'Ours narrée de façon orale, comme on raconte une histoire à ses amis, et qui sert de trame de fond au roman.
Peu à peu, l'histoire tourne doucement au road-movie éthylique. Jusque là, ça va. J'ai cru parfois retrouver dans le livre la vie tourmentée de certains patients alcoolo-dépendants que je côtoie à l'hôpital et je me suis rendue compte que leur milieu et leur façon de fonctionner ne m'étaient pas aussi inconnus que ça. Cela m'a même permis de comprendre certaines choses d'un point de vue professionnel.
Et puis, à un moment, l'histoire dérape et le voyage dans le sud de la France (via le Lutetia et le Lubéron) qu'entreprend Bix à la recherche d'un bon coup à tirer d'une aventure vire carrément au bad trip.
Tout d'un coup, on en a assez de voir cet homme-épave s'imbiber, sombrer dans ses délires alcooliques et chercher à se taper une fille-fantasme. La fin devient carrément vulgaire et grossière (et j'ai pourtant été élevée aux San-Antonio et aux Hara-Kiri que mes frères achetaient et abandonnaient dans les toilettes) !
Premier (et peut-être bien dernier en ce qui me concerne ?) livre d'un auteur que je n'avais jusqu'ici encore jamais lu. Dommage, car je n'ai vraisemblablement pas commencé par le bon roman, il paraît que c'est loin d'être le meilleur !
A éviter donc. Sauf si vous tenez particulièrement à explorer la variante trash du comportement d'êtres humains solitaires, fracassés, gueulecassés et amnésiques, et de leurs compagnons de saoulerie, sur fond d'alcool à haute dose, de Camel à la chaîne et de sexe version très très crue.