CIEL DU LUNDI 24 AVRIL
Publié le 24 Avril 2017
Je suis sous le chêne. Couchée. Intégralement Étendue. Littéralement ! [a c'est pour vous et si vous passez par là].
Mon est bleu. Et vert tendre aussi... Les petites feuilles naissantes pointent le bout de leur nez pour habiller les branches nues depuis plusieurs mois. A travers ce rideau végétal, le soleil est là.
Il ne fait ni chaud ni froid. Une petite brise caresse mes mollets. Je suis à la limite de frissonner mais la température est juste suffisante pour éviter cela.
Je ferme les yeux. J'entends des pépiements. J'imagine des oisillons dans leur nid et les va-et-vient incessants de leurs parents pour les nourrir. D'autres cris d'oiseaux. Je reconnais le coucou mais sinon ces chants me sont à la fois familiers et inconnus. Impossible de savoir de quelle espèce il s'agit. On ne dirait pas que j'ai grandi à la campagne !
Un chien aboie, un autre un peu plus loin lui répond, puis encore un autre. Je pense à ceux des 101 Dalmatiens qui font passer un message important et me demande ce qu'ils peuvent bien se raconter.
Le voisin bricole. Le voisin est infatigable. Été comme hiver il est dehors, dans son jardin, sous son hangar, travaille, écoute de la musique, fait tourner des moteurs, tape, scie, meule, tond. Même quand il gèle à pierre fendre, même quand il fait une chaleur à crever et que tout le monde se liquéfie. Quel est son secret ?
De temps et temps, une mouche vrombit et passe près de moi comme un bolide. Je me demande pourquoi certaines mouches font bzzz et d'autres pas ? A moins qu'il ne s'agisse d'un bourdon ? Ou d'une abeille ? Le temps que je me pose la question, un autre bzzz. Je devrais ouvrir les yeux pour identifier l'animal mais une douce torpeur m'envahit. Mon activité cérébrale ralentit, réclame une trêve et c'est avec soulagement que je la lui accorde.
Morphée m'ouvre ses bras et sans retenue je m'y love.
Pendant quelques instants, le temps s'arrête. La courbe de sa course se brise et je flotte dans un monde à part, quelque part entre la réalité et le rêve, le conscient et l'inconscient, le là et l'ailleurs. Je suis loin et plutôt bien...
Je ne sais ce qui me ramène sur terre mais soudain j'y suis. Le sol, le chêne, la douce chaleur du soleil, la brise, les oiseaux, les chiens, les bzzz.
Rien ne semble avoir changé. Retour à la case départ. Fin d'un voyage que j'ai fait sans bouger d'un pouce. Magie de la relaxation, du sommeil, de la détente, du printemps et de la nature.
Qui dois-je remercier pour cet instant privilégié ?