OBJECTIF ZERO DECHET : DESTOCKAGE DE LAINE
Publié le 15 Octobre 2016

Voilà environ presque 45 ans que je pratique le tricot.
C'est ma maman qui m'en a appris les bases, et je m'en souviens très bien. Je devais avoir 6 ou 7 ans et j'avais hérité de ma grand-mère maternelle deux paires d'aiguilles à tricoter et quelques pelotes de laine. L'une d'elle était "dégradée" dans les tons rose, beige, marron et alternait ces trois couleurs à raison d'une cinquantaine de centimètres chacune. J'adorais cette laine changeante et c'était beaucoup plus divertissant, varié et ludique d'apprendre avec elle plutôt qu'avec un fil uni dont je me serais vite lassée.
Bien installée sur une petite chaise en bois, l'aiguille droite calée sous le bras droit, j'alignais les points endroit et envers avec sérieux et application. C'était dur, j'en avais des crampes dans les mains et dans les doigts. Au début, rien n'était symétrique. Les mailles étaient tantôt trop serrées et je ne pouvais plus les faire glisser, tantôt trop lâches et j'en perdais, ou alors j'en avais de trop, et les bords n'étaient jamais droits. Alors je filais voir maman pour qu'elle répare mes erreurs et rattrape mes maladresses. De mon côté, j'admirais avec envie ses ouvrages : elle avait fait un dimanche après-midi d'hiver, à la lueur du lampadaire à franges du salon, une jupe vert sapin, un pull rouge moucheté de noir et une paire de bottes assorties pour ma poupée... Et plus tard, elle m'avait tricoté un pull avec des aiguilles tellement fines qu'elle avait cru ne jamais arriver à l'achever. Les points étaient minuscules mais si réguliers que ça dépassait pour moi l'entendement, et je m'en émerveillais...
Je me disais que jamais je n'arriverais à faire aussi bien qu'elle...
Et pourtant, à force d'essais, de persévérance, d'assiduité, de pénélopages aussi et de kilomètres de laine consommés, je peux être fière de ce que j'arrive à faire aujourd'hui, en toute modestie bien sûr.
Mais revenons au sujet qui nous occupe : le zéro déchet ! Toute cette longue introduction, c'était en fait pour dire que, en 40 ans de pratique voire plus, j'ai accumulé un certain nombre de pelotes de laine, entières ou entamées, de différentes grosseurs, textures, matières, couleurs... A vrai dire, il y en avait absolument pour TOUS les goûts. Pendant des années, j'ai thésaurisé tout cela au cas où..., si jamais j'avais besoin de... si des fois j'avais des envies de... Mais, pour tout vous avouer, même s'il m'est arrivé parfois de réutiliser certains restes, la tendance a toujours été plutôt à l'augmentation du stock qu'à sa baisse.
Pour finir, mes "restes" occupaient une bonne partie d'une étagère de mon cellier...
Plusieurs fois au cours de ces dernières années j'ai tout sorti, tout trié dans le but de donner. Puis je rangeais tout, ne me résolvant pas à me séparer de mes pelotes chéries, chacune d'entre elles me rappelant une période de ma vie, un achat, un endroit, un ouvrage que j'avais fait ou au contraire un travail que je n'avais jamais entamé.
Mais mais mais... Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... Alors, dans le cadre de ma politique actuelle de désencombrage (et de zéro déchet), je me suis enfin donné un bon coup de pied aux fesses les moyens de passer le cap. J'ai cherché sur Internet une association de ma région dont les adhérentes avaient des besoins en ce sens pour tricoter des brassières pour les bébés prématurés ou des pulls pour les Restos du Cœur et, quelques clics plus tard, j'ai été en contact avec Annie de l'association Cœur de Tricot à qui j'ai pu porter tous ces sacs (chez nous, on dit poches !) remplis de laine.
Dans la foulée, puisque j'étais lancée, j'en ai profité pour faire aussi le tri dans mes boutons et en donner également quelques-uns...
Et tant qu'à faire, j'ai aussi donné environ 70 carrés que j'avais tricotés du temps où je prenais le train pour aller travailler... J'avais en projet à l'époque d'en faire une couverture sur laquelle nous aurions pu pique-niquer avec les enfants. Mais, à l'époque, je n'en avais aucun... Et maintenant ils sont tous grands... Alors, que pouvais-je faire de mieux (d'autant qu'Annie m'a assurée que ces carrés, une fois assemblés, seraient très utiles cet hiver) ?
En matière de "zéro déchet", cette action peut vous paraître un grain de sable sur la plage (et ça l'est). Mais 1) cela a désencombré une de mes étagères, 2) j'aime l'idée que tout cela va réchauffer des bébés, des enfants ou venir en aide à des mamans démunies.
A moi maintenant de ne plus me laisser envahir par des restes ou faire des achats limite compulsifs... Me connaissant, je peux vous dire que c'est pas gagné... (mais au moins je saurai où donner maintenant).