OBJECTIF ZERO DECHET
Publié le 19 Août 2016
En début d'année, j'ai acheté le livre de Béa Johnson.
Cette jeune femme originaire d'Avignon et installée en Californie depuis ses 18 ans relève avec sa famille de 4 personnes le plus improbable des challenges : vivre sans déchets. En tout et pour tout un bocal d'1 litre de déchets tous les 12 mois (soit 183 g) !
Quand j'ai lu ça dans la presse, il s'en est fallu de peu pour que je hurle à la supercherie. Comment est-ce possible quand on vit dans une société où l'on sort notre poubelle de 240 litres toutes les semaines, voire deux fois par semaine, voire deux fois deux par semaine si l'on compte la récup ? Où les gens font la queue le samedi pour aller à la déchetterie ? Où c'est la panique dès que les éboueurs sont en grève ? Où les communes dépensent des millions pour recycler nos ordures ? Y'avait forcément une arnaque.
Alors, pour comprendre, j'ai lu son bouquin. Et là, le choc ! J'ai quasiment dévoré ce livre de poche de 400 pages (7,90 €), je l'ai englouti à toute vitesse, comme une affamée morte de faim qui découvre tout d'un coup le goût de la brioche (ou des cookies, c'est comme vous voulez).
Ce livre a été une espèce de révélation pour moi, ou du moins une grosse prise de conscience, comme si soudain j'ouvrais les yeux (avec stupeur) sur tous les gestes incongrus que l'on fait tous les jours, les achats aberrants que l'on réalise sans même s'en rendre compte, les habitudes absurdes que l'on a prises et que l'on répète à l'envi sans savoir vraiment pourquoi et, le pire, en dépit du bon sens.
Exemple tout bête : j'achète le pain, la boulangère enveloppe ma baguette dans une feuille de papier et la première chose que je fais en arrivant à la maison c'est de jeter cette feuille à la poubelle. Ridicule. Pourquoi ne pas refuser le papier ? Ou emporter un sac en tissu de chez soi ?
Autre exemple : je mange de la soupe en libre-service dans un conteneur à mon travail tous les midis (bon, pas en ce moment, il fait trop chaud !). Pour cela, j'utilise une coupelle en plastique mise à notre disposition dans le réfectoire et ensuite ? Ben, elle est jetée bien sûr. Et le lendemain ? Ben je recommence. Non-sens. Pourquoi ne pourrais-je pas apporter un bol de la maison et le laver tout simplement à l'issue du repas ?
Allez, encore un autre exemple (il y en a tant que c'est presque un plaisir d'illustrer à tel point les situations peuvent être grotesques) : je reçois des publicités par la poste qui arrivent à mon nom, mon adresse figurant sûrement sur une des banques de données utilisées pour les mailings. La plupart d'entre elles, je ne les ouvre même pas et elles filent directement dans la récup. Ineptie sans nom. Pourquoi ne pas me désinscrire de toutes ces listes une bonne fois pour toutes (oui, oui, c'est possible) ?
Bref, l'évidence m'a sauté aux yeux. Tout est suremballé pour nous "faciliter" la vie (ou alors pour nous la pourrir ?), pour nous permettre de transporter nos achats des magasins jusqu'à notre domicile, pour nous allécher avec des packagings attirants. Tout est fait pour que nous consommions toujours plus, alors qu'il y a moyen de "refuser, réduire, réutiliser, recycler, composter" (le mantra de Béa).
Dingue, non ? (et surtout dingue que je n'aie pas pensé plus tôt à tout ça)
Alors sans vouloir imiter Béa Johnson (mais un peu quand même), j'ai décidé qu'il y avait sûrement moyen de faire mieux (pas difficile quand on part de rien), de changer mes habitudes, disons une seule petite habitude par semaine, à mon niveau de fourmi, pour éviter tout ce gâchis, pour la planète, pour nos enfants, nos petits-enfants et notre santé.
Et maintenant ? C'est pas le tout de lire, de dire et d'écrire, il faut aussi faire ! Alors, vous me suivez dans cette aventure ?
