LE COEUR REGULIER

Publié le 20 Mai 2011

le coeur régulier

Encore une fois, un livre pas très gai.

Après Purge et  La Porte des Enfers, voilà Le Coeur Régulier d'Olivier Adam (ça commence par Le Coeur, comme le Choeur des Femmes, le dernier livre que j'ai lu juste avant celui-ci et que j'ai commenté ).

Mon deuxième roman écrit par cet auteur. Le premier, c'était Des Vents Contraires que j'avais bien crû ne jamais finir tellement je l'avais trouvé dur, mais dur ! Pour résumer, un homme perd du jour au lendemain la femme qu'il aime. On ne retrouve d'elle que sa voiture et son sac à main. Il ne sait pas ce qu'elle est devenue, si elle l'a quitté, si elle a été victime d'un assassin, si elle a décidé de disparaître. Déjà, ça, c'est pas très gai. Mais ce couple (qui n'en est déjà plus un) a un fils et une fille. Le père ne peut pas dire à ses enfants où est leur mère, ni quand elle reviendra, ni si elle reviendra. Tout ce petit monde erre, sans repères, sans but, sans plus aucune envie ni raison de vivre, essaye de s'en sortir, puis s'enlise, s'enfonce, relève la tête, replonge.... en attendant la vérité que l'on ne connaîtra que dans les toutes dernières pages...

Tout ça pour vous dire que je n'étais pas franchement très chaude pour lire autre chose de cet auteur (pour vous mettre encore un peu plus dans l'ambiance, Olivier Adam, c'est aussi celui qui a écrit Je vais bien, ne t'en fait pas).

Le Coeur Régulier est carrément du même acabit.

L'histoire est triste à mourir : dans ce livre, il pleut, on pleure, tout est triste et gris, la mort est omniprésente. Une femme, qui a visiblement tout pour être heureuse, vient d'apprendre la mort (le suicide ?) de son frère. Quasiment simultanément, elle se fait licencier, sombre dans une profonde dépression, part au Japon sur les traces de Nathan pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, se rappelle leur enfance et leur adolescence, nargue la mort elle aussi,  puis regarde son couple voler en éclats et sa famille se déliter....

Le livre comporte assez peu de dialogues, mais surtout de grandes descriptions, des monologues internes à n'en plus finir, des pages entières sans paragraphe et sans alinéa, des phrases à rallonge, bref, tout ce que je trouve en général assez indigeste dans un livre.

Je dis "en général" parce que, contre toute attente, je dois dire que j'ai assez bien aimé ce livre. Je me suis souvent identifiée à l'héroïne car Olivier Adam arrive à exprimer mieux que personne les sentiments, notamment ceux que je peux ressentir parfois de manière diffuse ou inconsciente sans parvenir à les identifier ou à les nommer. J'aime la façon dont il explique comment Sarah essaye d'abord de tromper son monde en faisant croire que tout va bien, puis décrit sa lente dérive et la façon dont tout est lié (la vie familiale, le couple, le travail, les enfants, l'enfance, l'adolescence, les parents,...), comment tout peu à peu se désagrège. Il manie à merveille l'art de la métaphore, les images stylistiques et les comparaisons poétiques, et sait traquer la moindre émotion du corps ou de l'âme. Le livre n'en est pas moins assez triste mais, au moins, la fin laisse un petit espoir.

Je ne vous en dis pas plus mais je vous laisse deux phrases à méditer :

La première, qui introduit le roman, est une très jolie citation de Leonard Cohen : "There is a crack in everything, that's how the light gets in" (il y a une faille en chaque chose, et c'est ainsi que la lumière y pénètre).

La seconde est une spéciale MAMANS D'ADOS : "Je ne m’expliquais pas que cet âge [l'adolescence] puisse être à la fois si difficile et si flamboyant, si juste et si incertain, si ridicule et si rayonnant"... Hum, hum, ça vous parle ?

Depuis, je me suis attaquée à La Dame Sans Terre, d'Andrea Japp, livre en 4 tomes. En 15 jours, je n'ai lu qu'une cinquantaine de pages et là ça fait trois fois que je recommence le même chapitre. Ce n'est pas la faute du roman qui est excellent à ce qu'on m'en a dit, mais plutôt aux heures indues auxquelles je me couche. Quelques paragraphes suffisent à m'envoyer très vite dans les bras de Morphée.

Rédigé par vivi

Publié dans #livres-auteurs

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Françoise 21/05/2011 10:08


"There is a crack in everything, that's how the light gets in" (il y a une faille en chaque chose, et c'est ainsi que la lumière y pénètre).
A rapprocher de Michel Audiard, tout de suite plus gai :
"Bienheureux soient les fêlés, ils laisseront passer la lumière".
J'ai très envie de lire ce livre. Après je verrai si je dois m'aventurer dans les autres. Je ne connais pas du tout.

Bonne journée.


vivi 24/05/2011 09:42



J'aime beaucoup la phrase de Michel Audiard, dans le même style, mais beaucoup plus légère... Si tu lis ce livre, ou autre chose d'Olivier Adam, reviens me dire ce que tu en auras
pensé... Bises, bonne journée.



Malika 21/05/2011 09:08


Oui c'est vrai Olivier Adam aime les histoires tristes ... mais pas que ! Il nous parle aussi et surtout d'amour, du lien indéstructible qu'est la fratrie et de force de vie quand tout bascule.
J'ai adoré "Le coeur régulier" ...comme tous les autres d'ailleurs !


vivi 24/05/2011 09:44



Pour l'instant, j'ai surtout retenu "histoires tristes". Mais avant d'arrêter mon opinion, je vais encore persévérer, c'est sûr. A suivre donc.



Anne d'AMICO 20/05/2011 14:29


Aussi!! Pourquoi t'obstines-tu à lire des livres que tu n'aimes pas?? Fais-toi plaisir!! On a assez d'emm... d'enquiquinements dans la vie sans les vivre par personnages interposés!!
Gros bisous ma belle!!


vivi 20/05/2011 15:54



D'abord, je n'ai pas dit que je n'avais pas aimé ! Pour le premier, j'ai dit que je l'avais trouvé très très dur (dificile de faire autrement, franchement), et pour le deuxième que,
contre toute attente, j'y avais trouvé un intérêt même si ce n'est pas un livre où on se tord de rire à chaque page.


Et comment est-ce que je pourrais savoir que je ne vais pas aimer le livre avant de l'avoir lu ?


Par contre, même si je n'accroche pas, je me fais toujours un point d'honneur à finir un livre. Je sais pas moi... des fois que tout d'un coup à la 300ème page ça commence à devenir
génial ou que la fin soit hyper-surprenante ? Je suis comme ça en matière de bouquins, j'aime bien finir ce que j'ai commencé !!


Et puis la vie, c'est aussi ça !


Bisous à toi.



Danielle 20/05/2011 14:15


Je ne suis pas une grande fan d'Olivier ADAM... Après Falaises, j'ai raccroché... mais bon, tu me donnes envie, là, de récidiver... On verra!!!! Bisous


vivi 20/05/2011 15:56



Il y a des lecteurs/trices qui ne jurent que par lui (la personne qui m'a passé ce bouquin par exemple). Il doit bien y avoir un truc....



Val1603 20/05/2011 13:43


Bonne lecture alors...
En ce moment j'ai envie de gaîté dans mes lectures... donc tes livres - pour l'instant - c'est pas pour moi...
Bon week-end.


vivi 20/05/2011 15:56



Si tu as envie de gaîté, ne touche surtout pas à un livre d'Olivier Adam !!



☼♥zazounette67♥☼ 20/05/2011 13:23


Juste un tit coucou vite fait !
Bisous et belle aprm !


vivi 20/05/2011 15:57



Comme c'est gentil. Je te souhaite un bon week-end Zaza. Bisous.



Françoise La Vieille Marmotte 20/05/2011 11:37


C'est pas un peu tout noir ,tout ça ?


vivi 20/05/2011 12:18



Pas gai en effet, mais un livre plein d'émotions qui ne m'étaient pas toutes inconnues...